Tuesday, April 21, 2020

La force mentale (mental toughness) ça s’entraîne !



Ne vous êtes-vous jamais énervé sur vous-même car votre humeur vous a « empêché » d’aller travailler un matin ? ou d’aller faire votre sport pour vous remettre en forme ? ou de sortir voir des amis un soir ? C’est votre force mentale qui prend le dessus!  Le mental peut être faible ou fort, et cela ne dépend que de nous, c’est un état d’esprit.

Les exemples cités ci-dessus sont à plus court terme, mais ça a été prouvé que le mental a également des effets sur le long terme : une personne qui réussit à finir ses études universitaires fait preuve de mental fort, car elle a réussi à répondre positivement aux défis mis sur son parcours (Crust et al., 2016). D’ailleurs, les résultats obtenus étaient liés à la confiance et au contrôle que la personne a sur sa vie, et suite au calcul de force mentale, ceux dont les niveaux étaient plus bas étaient plus susceptibles d’abandonner leurs études.

La force mentale est étudiée depuis 1995, par Loehr, qui la définissait comme « l’habileté de performer au plein potentiel de ses habiletés et de son talent de façon constante, dans un contexte de compétition » (1995, p.5). Il étudiait ce concept comme une capacité présente chez l’athlète. 

Ensuite en 2002, Clough, Earle et Sewell, ont créé le modèle des 4C de la force mentale, en se basant sur ce que Loehr avait étudié quelques années auparavant. Depuis, nous savons que la force mentale peut influencer le bien-être psychologique positivement. 

Ensuite, plusieurs auteurs se sont mis à étudier ce concept et à débattre sur son origine : est-ce que nous naissons avec une force mentale ou on l’acquière ? Par exemple, pour Clough et Strycharczyk (2012) cette force est innée et stable, mais pour pour Gucciardi, Gordon et Dimmock (2009) la force mentale s’obtient avec l’expérience, qui va influencer la façon dont on va affronter les situations difficiles de notre vie, positivement ou négativement. En restant dans le contexte de force mentale, nous allons plutôt miser pour qu’elle puisse être apprise, que nous ne sommes pas tous destinés à être forts mentalement ou pas dès la naissance, mais plutôt que nous avons le pouvoir de faire bouger les choses de manière à le devenir.

Mais tout ceci est bien-évidement lié à un travail personnel, que Clough a représenté sous forme de cercle, appelé « modèle des 4C » (2002) qui est composé de : 
  1.  Défi (Challenge) : le fait de voir les pierres dans notre chemin comme un défi au lieu de les voir comme des barrières.
  2. L’engagement (Commitment) : être engagés dans nos objectifs, être persévérant et ne rien lâcher, quoi qu’il arrive.
  3. Contrôle (Control) : le fait de s’approprier le sens que prend notre vie, être capable de prendre des décisions conscientes dans le but de changer quelque chose qui ne nous plait pas. C’est aussi le fait de réussir à avoir le contrôle sur nos émotions, ce n’est pas un « mauvais jour » qui va m’empêcher d’avancer dans mes objectifs !
  4. Confiance (Confidence) : C’est peut-être le plus difficile. C’est avoir confiance en soi et en ses capacités à atteindre ses objectifs. Être capable de ne dépendre que de soi-même et ne pas avoir besoin de reconnaissance ou d’approbation externe pour avancer.

Ces quatre composantes peuvent être mesurées par un outil crée par les mêmes auteurs, appelé MTQ48 (Mental Toughness Questionnaire-48).

Vous l’aurez donc bien compris, la force mentale passe par la confiance en soi et la résilience du passé et donc la force mentale est positivement corrélée avec des meilleures capacités d’adaptation et des niveaux de confiance en soi plus élevées.

Ce modèle est à mettre en lien avec la réussite dans n’importe quel domaine de la vie, et pas uniquement avec le milieu académique. Il y eu beaucoup d’études qui ont mis en lien la force mentale et la réussite des sportifs (athlètes, par exemple). Cowden, Anshel et Fuller (2014) expliquent que les athlètes ayant une force mentale élevée sont capables de voir une défaite non pas comme un échec mais plutôt comme une opportunité pour s’améliorer, et ne plus refaire les mêmes erreurs.
S’il y a bien un trait qui réunit toutes ces études c’est que pour être performant, il faut avoir une vision positive de l’environnement, être capable de tourner n’importe quel situation à notre avantage, même si celle-ci est négative. La clé c’est l’état d’esprit.

Comme dit plus haut, Clough et al. furent le premiers à définir la force mentale et à en donner un modèle, mais ce ne sont pas les seuls. Riordan (2013) a lui séparé la force mentale (dans le contexte du sport) en six éléments : flexibilité (capacité de faire face à l’inattendu), réactivité (savoir réagir correctement si la situation venait à changer en dernière minute), force (capacité à surmonter les situations difficiles, comme une baisse de morale. Être assez fort comme pour être persévèrent même dans les moments de faiblesse), éthique (être capable de prendre des décisions difficiles et adaptées), résilience (savoir se reprendre en main suite à des situations difficiles, ne pas lâcher) et esprit sportif (savoir travailler en équipe).
On remarque des ressemblance évidentes entre les 5 premier éléments de Riordan et les 4 de Clough (sachant que l’élément 6 concerne les sports d’équipe spécifiquement). La flexibilité, la réactivité et l’éthique représentent le contrôle. La force représente l’engagement et la résilience le défi.

Tous les auteurs se rejoignent donc plus ou moins dans la définition du concept de force mentale. 
Finalement, ce qui intéresse c’est de savoir que nous pouvons tous y arriver, que nous sommes tous capables d’acquérir la force mentale nécessaire pour arriver à nos fins.

Jeanne de Troostembergh. Étudiante en master 1 en psychologie sociale et interculturelle. Stagiaire au CeSCuP sous la direction de Monsieur Assaad Azzi.


Bibliographie :
  • Gerber, M., Kalak, N., Lemola, S., Clough, P. J., Püshe, U., Elliot, C., Holsboer-Trachsler, Brand, S (2012). Adolescents’ exercise and physical activity are associated with mental toughness. Mental Health and Physical Activity, 5(1), 35-42. https://doi.org/10.1016/j.mhpa.2012.02.004
  • Quinn, T. & Cavanaugh, L. (2017). Mental Toughness. Strategies, 30(5), 34-40. 10.1080/08924562.2017.1344172
  • Stamp, E., Crust, L., Swann, C., Perry, J., Clough, P., Marchant, D. (2015). Relationships between mental toughness and psychological wellbeing in undergraduate students. Personality and Individual Differences, 75, 170-174. https://doi.org/10.1016/j.paid.2014.11.038
  • Kim Turgeon, M. & Halliwell, W. (2011). L'évolution du concept de force mentale chez les athlètes : mise à jour des connaissances et limites méthodologiques. Staps92(2), 7-21. doi:10.3917/sta.092.0007
  • Zalewska, A. M., Krzywosz-Rynkiewicz, B., Clough, P. J., Dagnall, N. (2019). Mental toughness development through adolescence: Effects of age group and community size. Social Behavior and Personality: An international journal47(1), e7376. https://doi.org/10.2224/sbp.7376

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