Monday, May 8, 2017

Ère de la post-vérité : état des lieux et mise en garde du monde scientifique

https://www.theguardian.com/us-news/2017/jan/22/trump-inauguration-crowd-sean-spicers-claims-versus-the-evidence#img-1


Rappelez-vous de l’investiture du 45ème président des États-Unis en début d’année. Peut-être y étiez vous ou peut-être y avez vous assisté à distance depuis votre canapé. Dans les deux cas de figure vous n’aurez pas manqué de remarquer la foule présente sur place pour assister à ce moment historique. Comme la montre la photo du National Mall à Washington, celui-ci était particulièrement peu peuplé ce jour-là (à gauche sur la photo, contrairement à l’investiture d’Obama en 2009 à droite). Cependant, cela n’a pas empêché le porte-parole de la Maison Blanche, Sean Spicer, d’affirmer qu’il s’agissait de « la plus grande foule jamais vue lors d’une investiture malgré les photos, les sondages télévisés, les experts de foules et de l’agence du Washington Metro » (cité dans Smith, 2017). Sur quoi la conseillère du président, Kellyanne Conway, n’a pas manqué de nuancer ces propos en disant qu’il s’agissait simplement de « faits alternatifs » (cité dans Abramson, 2017). Nier l’évidence de certains faits, courber la réalité et favoriser des récits inventés de toute pièce, telle serait la caractéristique de notre époque : l’ère de la post-vérité.

Élu mot de l’année 2016 par l’éminent dictionnaire anglais Oxford, cet adjectif - post-truth - désigne des circonstances dans lesquelles « les faits objectifs ont moins d’influence dans la formation de l’opinion public que l’appel aux émotions et aux croyances personnelles » (traduction libre Oxford Dictionaries, 2016). Selon Fish (2016), professeur de philosophie à l’université de Massey, il s’agit d’une forme de politique qui manifeste un besoin de mettre en garde contre des menaces (indépendamment de leur réalité d’occurrence), qui fait des promesses sans avoir l’intention de s’y tenir, qui émet des affirmations trompeuses, le tout dans l’optique de conquérir des voix électorales. Et comme l’ont montré le Brexit et l’élection de Trump, cela peut avoir de sérieuses conséquences sur le plan national et international.

Vous l’aurez compris, l’adjectif post-vérité ne fait pas bon augure. Pour autant que tout le monde ne partage pas le même point de vue sur cette définition à la fois générique et économe, il n’empêche que notre rapport au réel et aux faits est peut-être bien en phase de changement. C’est en partie ce qu’essaie de nous dire Hervé Brusini, directeur de FranceTV.info du groupe France Télévision en expliquant que depuis plusieurs années « l’information a moins pratiqué l’enquête sur le réel que son examen. » (Brusini, 2017). Les journalistes et politiciens sont peut-être en ligne de mire, mais sont-ils les seuls responsables de notre entrée dans cette « nouvelle ère » ? Somme nous face à un tournant sociétal sans précédent qui nécessite de tirer la sonnette d’alarme ? Pour le comprendre, un petit retour en arrière s’impose.

Déjà lors de la première moitié du XXème siècle, George Orwell écrivit sa célèbre phrase « Le langage politique est destiné à rendre vraisemblable les mensonges, respectables les meurtres et à donner l'apparence de la solidité à ce qui n'est que vent. » (Orwell, 1946). Ceci témoignait déjà de l’usage fallacieux de certains discours politiques. Plus de 400 ans avant lui, Machiavel nous disait : « Mais l'expérience de ces temps-ci nous montre qu'il n'est arrivé de faire de grandes choses qu'aux princes qui ont fait peu de cas de leur parole et qui ont su tromper les autres ; alors que ceux qui ont procédé loyalement s'en sont toujours mal trouvés à la fin. » (Wikiquotes, 2017). Vous l’aurez deviné, les discours politiques, leurs promesses et leurs engagements n’ont jamais été sans failles. Dès lors nous pouvons nous demander ce qui expliquerait cet engouement actuel et si soudain qui pousse certains à dire que nous sommes entrés dans une nouvelle ère.

En 2004, Ralph Keyes jette le pavé dans la marre en publiant un livre intitulé Post-Thruth Era: Dishonesty and Deception in Contemporary life qui connaît un franc succès par sa remise en question du rapport vrai/faux dans le monde politico-médiatique. Il y analyse également les fausses assertions de l’administration Bush après les attaques du 11 septembre. En l’espace des deux années qui suivent, le philosophe américain Harry Frankfurt publie deux ouvrages dans la même lancée : On Bullshit (2005) et On Truth (2006) qui viennent accentuer cette problématique en devenant rapidement des best sellers aux Etats-Unis. Par ailleurs, le récent referendum du Brexit ou encore les campagnes électorales américaines de 2016, mais aussi des scandales tel que celui de l’affaire Volkswagen n’auront pas manqué d’enfler cette polémique (Gonik 2016 ; Fish 2016). Finalement, l’époque contemporaine, marquée du sceau de la télécommunication et des réseaux sociaux, ne fait qu’accélérer ce processus en permettant à tout un chacun de répandre l’information qu’il souhaite. Cela étant, dire que nous sommes entrés dans une nouvelle ère reste une assertion relative qu’il est difficile de définir temporellement.

Quel regard le monde scientifique porte-t-il sur ce phénomène ? Considère-t-il cela comme une supercherie populaire et illusoire ou, au contraire, perçoit-il cette polémique comme une menace à l’esprit scientifique dont l’étude empirique des faits et la quête de vérité en sont au coeur ? Existe-t-il des preuves expérimentales sur l’existence de ce phénomène ? Le cas échéant, existerait-il une manière de lutter contre les informations mensongères, contre les faits alternatifs ?

Pour Sylvain Parasie, sociologue des médias à l’Université Paris-Est-Marne-la-Vallée, il n’en est rien. Il affirme que cette expression est largement illusoire et qu’elle « suppose que les faits vrais auraient jadis exclusivement compté dans le débat politique et que nous aurions basculé dans une nouvelle ère. Or, le débat politique s’organise autour de faits, mais toujours également autour de valeurs et d’émotions » (Daumas, 2017). Dans le même ordre d’idées, Gerald Bronner, professeur de sociologie à l’Université Paris Diderot juge l’appellation inappropriée car cela supposerait que « les gens sont devenus indifférents à la réalité » (Hirschhorn, 2017). A l’opposé du spectre se trouve Kathleen Higgins, professeur de philosophie à l’Université du Texas à Austin. Elle explique que les scientifiques et philosophes devraient être choqués par l’idée de post-vérité et qu’ils devraient faire entendre leur voix lorsque des découvertes scientifiques sont ignorées par les personnes au pouvoir ou traités comme de simples affaires de croyances (Higgins, 2016). Parralèlement, pour Michael Marmot, médecin et professeur d’épidémiologie et de santé publique à la University College London, la question ne porte pas tant sur l’expression post-vérité que sur l’élection de Donald Trump et le Brexit avec leurs conséquences. Il perçoit qu’il y a eu là un tournant majeur dans l’univers médiatico-sociopolitique qui menace la crédibilité de la Science et par extension notre démocratie (Marmot, 2017). Il est convaincu que la science n’est pas immune aux mensonges et qu’il est nécessaire d’y apporter une attention particulière, surtout en ce moment. Marmot nous met en garde contre les positions idéologiques se faisant passer pour un « débat » scientifique car le débat libre est au coeur-même de l’entreprise scientifique. Il évoque également l’idée que ce ne sont pas les faits qui font balancer l’opinion publique, mais qu’à l’inverse c’est l’opinion publique qui fait balancer les faits dans un sens ou dans l’autre.

https://openclipart.org/image/2400px/svg_to_png/231479/Truth-Is-Full-Of-Lies-With-Background.png

Qu’en est-il des recherches existantes pour tenter de comprendre ce phénomène ? Afin d’y répondre, nous pouvons faire appel aux recherches sur la mémoire collective. Il s’avère que notre perception du présent est étroitement liée à notre mémoire du passé et le tout influence nos prévisions futures. Au delà de l’échelle individuelle, nous pouvons également parler de mémoires collectives et de la manière dont elles donnent forme à ce que nous pensons du futur. A ce sujet, le psychologue Daniel Schacter, chercheur à l’université de Harvard, effectue des recherches sur les aspects psychologiques et biologiques de la mémoire humaine. D’après lui la mémoire n’est pas infaillible et il s’inquiète sur l’émergence d’un nouveau phénomène de la mémoire à travers les réseaux sociaux (cité dans Spinney, 2017). En effet, ces réseaux – tels que Facebook, Instagram et Twitter – modifieraient notre mémoire dans la mesure où ces derniers gomment la frontière entre mémoire individuelle et collective. Nous savons que l’Histoire est souvent utilisée à des fins politiques, mais des chercheurs s’interrogent maintenant sur les processus fondamentaux de la mémoire collective afin de déterminer ce qui la rendrait vulnérable à la distorsion.

Les recherches démontrent que notre communication façonne notre mémoire. Une étude menée par Coman et Hirst (2012) a mis en évidence que lorsque deux personnes discutent du passé, celui qui parle peut renforcer certains aspects de l’histoire en les répétant. Cela semble évident, ce qui est répété est retenu. Le corolaire moins évident de ce phénomène ce situe lors de la phase de rappel : l’information reliée à l’histoire et non mentionnée est plus propice à l’oubli que l’information non reliée à l’histoire. Cet effet est connu sous le nom d’oubli induit par la récupération (retrieval-induced forgetting). Ces phénomènes à échelle individuelle font partie du mécanisme de convergence mnésique - processus qui fait en sorte que deux individus soient d’accord sur ce qui s’est passé. Mais récemment les recherches se sont penchées sur des mécanismes à échelle groupale qui influencerait également ce phénomène de convergence.
 
En 2015, Coman (cité dans Spinney 2017) rapporte qu’un individu présente plus d’oubli induit par la récupération lorsqu’il écoute une personne de son propre groupe social plutôt qu’une personne d’un exogroupe. Dès lors, la convergence mnésique est plus probable au sein d’un même groupe. Cette découverte est d’autant plus importante que d’après une enquête (cité dans Spinney 2017) près de 62% des adultes américains tirent leurs informations sur l’actualité à partir des réseaux sociaux où le sens d’appartenance groupale est évident et souvent renforcé. Ces résultats sont intéressants pour tenter de comprendre de quelle manière les fausses informations se répandent rapidement au sein d’un groupe donné.

Le fait qu’aujourd’hui l’information puisse circuler librement dans nos communautés grâce aux technologies de communication est certainement un atout important et constructif de nos sociétés démocratiques, mais cela ne garantit pas forcément des issues positives. Les fausses informations et fausses mémoires collectives seraient peut-être le prix à payer de notre liberté d’expression… La question que nous pouvons désormais nous poser est là suivante : comment faire face aux fausses informations, à la floraison des croyances naïves, aux faits alternatifs ? De quels moyens disposons nous ?
 
Certaines initiatives privées ou collectives existent déjà. C’est ainsi que diverses plateformes de vérification de l’information ont vu le jour tels que les sites Politifact, Factcheck ou encore l’outil de vérification de l’information sur Facebook. Ces outils sont encore relativement jeunes et leurs développeurs travaillent continuellement dans l’optique de perfectionner leurs algorithmes. Mais certains diront que ces moyens informatiques ne résolvent pas le problème à la source, mais seulement en surface. En effet, rectifier une fausse information dans notre fil d’actualité n’est pas la même chose que de conscientiser les gens sur l’existence du phénomène et sur la crédulité de certaines personnes qui y sont confrontés. A cet égard, Kathleen Higgins (2016) insiste sur l’importance de rappeler publiquement la mission sociale de la Science ainsi que les vertus intellectuelles fondamentales sur lesquelles elle repose. Cette mission est de fournir la meilleur information possible au public afin qu’il puisse sereinement se former une opinion en connaissance de cause et les vertus qui la guident sont l’exercice de l’esprit critique, la recherche empirique et la révision des systèmes de croyances sur base des preuves.

Au vu des informations précédemment exposées , il nous apparaît que l’expression « postvérité » n’est peut-être pas une nouvelle ère à part entière, mais plutôt une façon de nous sensibiliser à la manière dont nous traitons les informations qui nous entourent. En effet, nous ne sommes jamais neutres face à de nouvelles informations de par nos convictions, nos valeurs nos influences sociales et nos cognitions. Par ailleurs, les informations qui nous sont présentées sur les plateformes virtuelles sont généralement la résultante d’algorithmes complexes favorisant la présentation d’informations susceptibles de correspondre à notre vision du monde. A terme, comme l’ont montré le Brexit et l’élection de Donald Trump, cela peut conduire à des constructions sociales de la réalité très différentes pouvant parfois mener à l’éclatement social au sein d’une communauté. Le monde académique et scientifique se doit donc de poursuivre sa mission sociale en rappelant aux gens que la vérité n’est jamais un acquis mais bien une perpétuelle quête de remise en question.

Sources :

Abramson, J. (2017, janvier 24). Alternative facts' are just lies, whatever Kellyanne Conway claims. The Guardian. Repéré en ligne à : https://www.theguardian.com/commentisfree/2017/jan/23/kellyanne-conway-alternativefacts- lies
 
Brusini, H. (2017, janvier 30). Mais qui donc a inventé la post vérité ?. Méta Media. Repéré en ligne à : http://www.meta-media.fr/2017/01/30/mais-qui-donc-a-invente-la-post-verite.html

Coman, A., Hirst, W. J. (2012). Cognition through a social network: the propagation of induced forgetting and practice effects. Journal of Experimental Psychology, 141, 321–336 (2012). DOI: 10.1037/a0025247.

Daumas, C. (2017, janvier 24). Post-vérité : le réel en porte-à-faux. Liberation. Repéré en ligne à : http://www.liberation.fr/debats/2017/01/24/post-verite-le-reel-en-porte-a-faux_1543795

Fish, W. (2016). “Post-Truth” Politics and Illusory Democracy. Psychotherapy and Politics International 14(3), 211–213. DOI : 10.1002/ppi.1387.

Frankfurt, H. (2005). On Bullshit. New Jersey, USA : Princeton University Press.

Frankfurt, H. (2006). On Truth. New York, USA : Alfred Knopf.

Gonik, V. (2016, novembre 28). Les salariés à l’ère de la « post-vérité ». Le Courrier. Repéréen ligne à : https://www.lecourrier.ch/144599/les_salaries_a_l_ere_de_la_post_verite

Higgins, K. (2016). Post-truth: a guide for the perplexed. Nature, 540, 9. DOI :
10.1038/540009a

Hirschhorn, M. (2017, février 19). Conversation avec Gérald Bronner : ce n’est pas la postvérité qui nous menace, mais l’extension de notre crédulité. The Conversation. Repéré en ligne à : https://theconversation.com/conversation-avec-gerald-bronner-ce-nest-pas-la-post-verite-quinous-menace-mais-lextension-de-notre-credulite-73089

Keyes, R. (2004). Post-Thruth Era: Dishonesty and Deception in Contemporary life. Manhattan, New York, USA : St. Martin’s Press.

Maillard, C. & Moragues, M. (2017, février 11). "Nous sommes dans l'ère de la post-vérité",
selon Etienne Klein.
L’Usine Nouvelle. Repéré en ligne à : http://www.usinenouvelle.com/editorial/nous-sommes-dans-l-ere-de-la-post-verite-selonetienne-klein.N497764

Marmot, M. (2017). The art of medicine, post-truth and science. The Lancet, 389, 497-498. DOI : 10.1016/S0140-6736(17)30207-6.

Orwell, G. (2013). Politics and the English language. Publication originale en 1946. Londres, Angleterre : Penguin Modern Classics.

Oxforddictionaries (2016). Word of the year post-truth. Repéré en ligne à : https://en.oxforddictionaries.com/word-of-the-year/word-of-the-year-2016

Spinney, L. (2017). The shared past that wasn’t : How Facebook, fake news and friends are altering memories and changing history. Nature, 543, 168-170.

Smith, D. (2017, janvier 23). Sean Spicer defends inauguration claim: 'Sometimes we can disagree with facts'. The Guardian. Repéré en ligne à : https://www.theguardian.com/us-news/2017/ja/23/sean-spicer-white-house-press-briefinginauguration-alternative-facts

Wikiquotes (2017, avril 9). Nicolas Machiavel. Consulté le 19 avril 2017. Repéré en ligne
à : https://fr.wikiquote.org/wiki/Nicolas_Machiavel

Tuesday, April 18, 2017

Being Unink


The fact that the picture above depicts a sailor getting a tattoo must not have surprised you.
Tattoos have for very long being associated with specific social groups, such as criminals, bikers and other provocative subcultures (1), and sometimes even satanic activity and self-harm. We have all heard of such associations.
But did you know that written accounts of this form of body modification date back to at least 500 BC in China, and the oldest preserved tattoo was found on the roughly 4000 year-old mummy of Ötzi (7)? And that at first they were part of religious and ceremonial rites before acquiring the low social status they had in the last century?
Presently, up to 35% of young people worldwide have at least one tattoo (2), and I believe it is safe to assume that not all of us are Lucifer’s minions, or on a path of self-destruction -at least, I hope not.
Indeed, as pointed out by Forbes (2), the increasing number of middle-class tattooed people suggests that this can no longer be considered as an exclusively marginal act. The tattoo industry and tattoo professionals are now recognized as being part of the art world (3)-ergo the title tattoo artist- which is a prestigious sphere. Lastly, some even consider tattooing a new form of mass consumption or “fashion accessories” (3) accessible to all.
However, there is still a distinction between heavily tattooed people and people who only have a few- the former still considered a entitative subculture, the latter including people from all social classes. How did tattoos become integrated into mainstream society? In other words, why do people get “inked” nowadays?
In a world where individuality is idealized, but conformity is the actual consumer outcome, tattoos have become a way to emphasize one’s distinctiveness and uniqueness in a more permanently engraved way.
As Wilk (3) points out, in a society where homogeneity dominates in our globalized world, some domains remain where one can express their individuality- the body being one of them.
Body and skin are viewed as part of the self. This become even more relevant after body alterations such as tattoos (4) as they can be used as identity markers (5) to define one’s sense of self and individuality.
Consumption is also a way to express uniqueness, with people with a higher need for uniqueness favoring “unique products” (6). And I think it is safe to consider tattoos as unique rather than conventional products.
Reasons and motivations for getting a tattoo are very heterogeneous, and can carry personal meaning. Some are used as symbols to commemorate important events or life transitions, to emphasis a bonding experience or as memorials for loved ones, others are simply aesthetic (5). But the most common motivations are related to self-expression and expression of one’s uniqueness or individuality (2).
The need for uniqueness is a very common human phenomenon. As explained by Snider and Fromkin (2) in their Theory of Uniqueness, people have a conflictual need to be distinct and similar to others, with individual differences in the levels of self-distinctiveness.
Interestingly, studies suggest that people with tattoos score higher on measures on need of uniqueness (1). One could hence hypothesis that getting a tattoo could satisfy this need through the use of the body as a canvas or vehicle of singularity. This is further supported by the idea that tattoos are often personalized (3), and as such used as a natural extension of the self (4).
 “Fashion tattoos” (aesthetic tattoos) are usually discrete, giving the tattooee the possibility to emphasize or diminish their distinctiveness depending on the context or the mood in which they find themselves. The tattoo can thus be instrumentalized to express identity comparably to the use of other identity accessories such as “cars, houses, clothing, and grooming” (3). The tattoo, in this manifestation, can therefore arguably be considered as just another consumer product.
Indeed some researchers consider that tattooing has become another mainstream form of mass consumption (3), more specifically as a form of consuming as “integration”- a terminology used by Holt (3) to define this form of consuming as an act of identity expression.
When considered as just another product in our consumer society, it can be argued that tattoos shift from a deviant act of rebellion or self-harm to an ordinary and socially accepted act of expression one’s distinctiveness and self-identity through a commercial purchase- a permanent, non-refundable, commercial purchase.
So I hope that next time you see a tattooed person in front of you, you will not instinctively cross the road or hide your wallet- the pentacle on their arm may just be the result of an act of unique consumer behavior.
This blogpost was contributed by Mado Hanioti, a master student in social and intercultural psychology at ULB. Mado is currently a research intern with Julia Eberlen.  
References:
(1) Wohlrab, S., Stahl, J., & Kappeler, P. M. (2007). Modifying the body: Motivations for getting tattooed and pierced. Body image, 4(1), 87-95.
(2) Tiggemann, M., & Golder, F. (2006). Tattooing: An expression of uniqueness in the appearance domain. Body Image, 3(4), 309-315.
(3) Kjeldgaard, D., & Bengtsson, A. (2005). Consuming the fashion tattoo. NA-Advances in Consumer Research Volume 32.
(4) Belk Russell, W. (1988). Possessions and the extended self. Journal of Consumer Research, 15(2), 139-68.
(5)Dickson, L., Dukes, R. L., Smith, H., & Strapko, N. (2015). To ink or not to ink: The meaning of tattoos among college students. College Student Journal, 49(1), 106-120.
(6)Berger, J., & Heath, C. (2007). Where consumers diverge from others: Identity signaling and product domains. Journal of Consumer Research, 34(2), 121-134.
(7) Deter-Wolf, A., Robitaille, B., Krutak, L., & Galliot, S. (2016). The world’s oldest tattoos. Journal of Archaeological Science: Reports, 5, 19-24. 

Image retrieved from: https://en.wikipedia.org/wiki/Sailors%27_superstitions    

Tuesday, March 7, 2017

Are there “leftover women” in China?

http://www.takefoto.cn/viewnews-331711.html
What do you think the people are doing in the picture above? Parents are choosing the right partners for their children, commonly known as a ‘blind date’. The concept of blind dates may be presented in different ways all over the world, but it’s an effective way in China that parents select a good marriage partner for their children, amongst those who are in marriageable age (nowadays its lower limit is becoming smaller). In recent years, blind dates have become very popular, which has a very close relationship with the popular words “leftover women” & “leftover men” for those up for the processed of blind dating as portrayed in the picture. Today’s society is still basically a male-dominated society and therefore the amount of ridicule that these so-called ‘leftover men’ have to deal with is smaller than for ‘leftover women’.  This article mainly talks about the phenomenon of “leftover women” and psychological reasons of leftover women formation.

Monday, January 9, 2017

Au début des nouvelles, la fin du monde ?

Source : http://www.toonpool.com/cartoons/bad%20news_66741

                  Faites-vous partie des personnes consultant régulièrement les nouvelles sur internet, dans les journaux ou à la télévision ? Avez-vous déjà ressenti cette impression que la toute fin est proche, que l’apocalypse semble fulgurante ? Selon les médias, il existe davantage d’événements à connotation négative que positive. Par exemple, aujourd’hui, 20 décembre 2016, en consultant le site du journal de LaLibre, les premières nouvelles que j’ai pu lire étaient : « Attentat dans un marché de Noël à Berlin : le suspect serait un demandeur d'asile », « Le dernier message de Daech : "Attaquez-les dans leurs marchés" », « Le suspect schaerbeekois sous mandat d’arrêt : pas d'inculpation pour terrorisme à ce stade » … Ce genre de titres évoque un bon nombre d’émotions telles que la peur, l’inquiétude, la tristesse, la haine… émotions que l’on peut qualifier quant à elles de négatives. Les médias semblent jouer sans gêne sur le caractère émotionnel des annonces publiées. Très peu de place est dédiée à des nouvelles qu’on pourrait catégoriser de positives. La logique tend à nous faire dire que les personnes préfèrent recevoir de bonnes nouvelles plutôt que des mauvaises. Cependant, cette croyance ne demeure pas partagée par les médias qui préfèrent souvent nous informer sur les guerres, la famine, les maladies, les différentes crises, la criminalité, et bien d’autres !